VIDÉO : Bruno Priouret s'exprime sur la Smart City et les finances de Gardanne
Hervé Granier vient de distribuer un tract intitulé "Smart City : stop aux mensonges". Il y affirme que les chiffres avancés sont "folkloriques", que la justice lui a "donné raison 3 fois de suite" et que c'est la ville qui devrait recevoir de l'argent. Dans sa dernière vidéo, Bruno Priouret répond point par point. Voici le détail complet, avec les sources.
Ce que dit Granier : "Des chiffres folkloriques pour faire peur"
Dans son tract, Hervé Granier écrit que les chiffres avancés, 40 millions, 50 millions, 51 millions, 100 millions, ne sont qu'une "surenchère sans fondement juridique" destinée à "vous manipuler par le mensonge".
Ce que disent les faits
Le contrat signé en 2021 avec le groupement d'entreprises Cités-Tech-Citéquip et Travaux Électriques du Midi, via la SEMAG (Société d'Économie Mixte d'Aménagement de Gardanne), s'élevait à 40 millions d'euros. Ce chiffre est celui du marché public officiel, pas une invention de campagne.
Les 51 millions d'euros correspondent au montant de dédommagement réclamé par les entreprises prestataires devant le Tribunal Administratif de Marseille dès octobre 2022. C'est une demande judiciaire officielle, versée au dossier, pas un chiffre sorti de nulle part.
Les près de 100 millions d'euros ont été annoncés publiquement par M. Guilhem Harambat, directeur général de la principale entreprise mise en cause, lors du débat organisé par La Provence le 18 février 2026, devant les habitants de Gardanne. Ce n'est pas un chiffre inventé par des opposants : c'est une déclaration publique, prononcée en présence de M. Granier lui-même.
Les chiffres ne viennent pas de notre campagne. Ils viennent des entreprises, des tribunaux et de la presse. M. Granier peut les qualifier de "folkloriques" : cela ne les efface pas du dossier judiciaire.
Ce que dit Granier : "La justice a donné raison à la Commune 3 fois de suite"
Hervé Granier affirme dans son tract que trois décisions judiciaires lui ont été favorables et que la procédure peut donc être abordée "sereinement".
Ce que disent les faits
Les trois décisions évoquées sont des procédures de référé, c'est-à-dire des décisions d'urgence portant sur des points procéduraux précis. Elles ne tranchent pas la question principale : qui doit combien à qui ?
La procédure au fond, celle qui déterminera si la ville doit verser des dommages et intérêts et pour quel montant, n'a pas encore été jugée. C'est précisément cette procédure que les entreprises ont engagée pour réclamer près de 100 millions d'euros.
Par ailleurs, le préfet des Bouches-du-Rhône a lui-même saisi la justice en décembre 2023 pour demander la résolution du marché. Dans un courrier rendu public et relayé par Marsactu, il estimait que la mairie avait confié le pilotage du projet à la SEMAG "dans des conditions irrégulières". Ce n'est pas un opposant politique : c'est le représentant de l'État dans le département.
Gagner des procédures de procédure n'est pas gagner le procès. Le fond reste entier. Le risque financier pour Gardanne reste entier.
Ce que dit Granier : "C'est la Commune qui doit recevoir de l'argent"
Le tract affirme que "le décompte du marché, réalisé par un Huissier de Justice, affirme que c'est l'entreprise qui doit rembourser la commune" et que "certains veulent donner votre argent à des entreprises qui en doivent à la commune".
Ce que disent les faits
Un décompte de marché établi à la demande d'une des parties en litige n'est pas une décision de justice. C'est un document produit pour les besoins de la procédure par la partie qui l'a commandé. Le Tribunal Administratif, seul compétent pour trancher, ne s'est pas encore prononcé sur le fond du dossier.
Ce que l'on sait avec certitude : le projet a été lancé, les entreprises ont commencé les travaux, la ville a résilié le contrat, et ces entreprises réclament aujourd'hui près de 100 millions d'euros. L'issue de ce dossier pèse directement sur les finances de la commune et sur l'argent des Gardannais.
La chronologie complète du dossier Smart City
Pour comprendre l'ampleur du problème, voici les faits dans l'ordre, tels qu'ils ressortent des jugements, de la presse et des documents officiels.
- 2021 : La mairie signe un contrat de 40 millions d'euros via la SEMAG avec le groupement Cités-Tech-Citéquip et TEM pour déployer une ville hyperconnectée : éclairage public intelligent, vidéo-protection, connectivité des outils municipaux, efficience énergétique.
- Octobre 2022 : La mairie résilie le contrat, invoquant des manquements des entreprises. Les entreprises attaquent immédiatement et réclament 51 millions d'euros de dédommagement devant le Tribunal Administratif de Marseille.
- Octobre 2022 : Le tribunal condamne la commune à verser une provision de 2,7 millions d'euros à Cités-Tech-Citéquip. La mairie fait appel.
- Janvier 2023 : La Cour Administrative d'Appel de Marseille annule la condamnation. La commune ne paie pas.
- Octobre 2023 : Le Conseil d'État confirme la décision d'appel. Trois décisions favorables à la commune, toutes en référé.
- Décembre 2023 : Le préfet des Bouches-du-Rhône saisit à son tour la justice pour demander la résolution totale du marché, estimant que le contrat a été attribué dans des "conditions irrégulières". Le tribunal rejette ce référé en février 2024.
- Février 2026 : Lors du débat public de La Provence, M. Harambat annonce réclamer désormais près de 100 millions d'euros. La procédure au fond, celle qui tranche sur les montants réels, n'a pas encore été jugée.
L'état réel des finances de Gardanne en 2024
Le dossier Smart City n'est pas le seul sujet que les Gardannais méritent de connaître avant de voter. Les comptes officiels de la ville pour l'exercice 2024, publiés par la Direction Générale des Finances Publiques, révèlent une situation financière dégradée sur trois indicateurs clés.
Des impôts 21 % plus élevés que la moyenne
À Gardanne, les impôts locaux représentent 957 euros par habitant. Dans les communes de même taille (20 000 à 50 000 habitants, appartenant à un groupement à fiscalité propre), la moyenne s'établit à 793 euros par habitant. L'écart est de 164 euros par habitant, soit 21 % de plus que la moyenne des villes comparables. Pour une famille de quatre personnes, c'est plus de 650 euros de pression fiscale supplémentaire par an.
Des charges de personnel 36 % au-dessus de la moyenne
En 2024, les charges de personnel de la mairie s'élèvent à 24,8 millions d'euros, soit 1 155 euros par habitant. La moyenne des communes comparables est de 849 euros par habitant. L'écart représente un surcoût annuel estimé à 6,6 millions d'euros. Ces 6,6 millions ne sont pas investis dans des équipements, dans les écoles ou dans des projets visibles. Ils financent un surcoût structurel que personne n'a jamais expliqué publiquement.
Les réserves fondent depuis 2022
Le fonds de roulement, c'est l'épargne de précaution de la commune. Quand il baisse, la ville vit au-dessus de ses moyens et finance ses dépenses en puisant dans ses réserves. À Gardanne :
- 2022 : 17,2 millions d'euros de réserves
- 2023 : 15,4 millions d'euros
- 2024 : 13,5 millions d'euros
En deux ans, 3,7 millions d'euros ont été puisés dans les réserves. Depuis 2022, chaque année les dépenses d'investissement dépassent les ressources disponibles. En 2024, ce déficit d'investissement atteint 3,074 millions d'euros, son niveau record depuis six ans. Si cette trajectoire se poursuit et si une condamnation tombe dans le dossier Smart City, la commune n'aura plus les réserves pour absorber le choc.
Ces données ne viennent pas du programme de Bruno Priouret. Elles sont publiées par la Direction Générale des Finances Publiques, l'organisme de l'État qui certifie les comptes de toutes les communes de France. Elles sont publiques et vérifiables par tous.
En 2021, la mairie lance un projet de ville hyperconnectée via la SEMAG, pour un montant de 40 millions d'euros. Un an plus tard, en octobre 2022, la ville annule tout. Les entreprises attaquent immédiatement.
- Octobre 2022Résiliation du contrat. Les entreprises réclament 51 millions d'euros de dédommagement.
- Oct. 2022 à oct. 2023Condamnation en première instance à 2,7 M€, annulée en appel, confirmée par le Conseil d'État. La procédure au fond reste ouverte.
- Décembre 2023Le préfet des Bouches-du-Rhône saisit la justice pour demander la résolution totale du marché. Le tribunal rejette le référé.
- Février 2026Lors du débat La Provence, M. Guilhem Harambat annonce réclamer désormais près de 100 millions d'euros à la Ville.
Hervé Granier se dit "très serein, très confiant". Les Gardannais attendent de savoir sur quelle base, et qui paiera si le jugement lui donne tort.
Marsactu, dossier Smart City Gardanne
Mardi 10 mars 2026 à 19h00 à la Maison du Peuple Roger Meï, Gardanne. Venez poser vos questions. L'entrée est libre.
Ce que nous proposons
Nous ne demandons pas aux Gardannais de nous croire sur parole. Nous leur demandons de lire les chiffres officiels, de consulter les sources, et de décider en connaissance de cause le 15 mars.
Un mandat, cela se juge sur des faits. Les faits sont là.
Sources : Direction Générale des Finances Publiques, comptes de la commune de Gardanne, exercice 2024. Tribunal Administratif de Marseille, dossier Smart City Gardanne. Cour Administrative d'Appel de Marseille, janvier 2023. Conseil d'État, octobre 2023. La Provence, débat municipal Gardanne, 18 février 2026. Marsactu, dossier Smart City Gardanne, 2022-2024. Tract de campagne Hervé Granier, mars 2026.
